Cancer du pancréas

Le type le plus fréquent de cancer du pancreas est l’adénocarcinome.

C’est un cancer qui survient le plus souvent après 50 ans. Sa survenue est favorisée par le tabac, des lésions préexistantes du pancréas (pancréatite chronique, lésions pré cancéreuses), et rarement par une susceptibilité génétique familiale.

Ses symptômes varient suivant la localisation de la tumeur au sein du pancréas.

Une tumeur de la tête du pancréas provoque rapidement une compression de la voie biliaire principale qui est responsable d’un jaunisse (ictère) par reflux des constituants de la bile dans le sang et les urines (qui sont alors foncées) alors que la bile ne parvient plus dans le tube digestif expliquant la décoloration des selles associée.

Une tumeur du corps ou de la queue du pancréas n’entraine pas d’ictère et se révèle souvent plus tardivement par des douleurs ou une altération de l’état général.

cancer du pancréas

La biopsie (prélèvement d’un petit fragment de la tumeur pour affirmer par examen au microscope le diagnostic de cancer du pancréas) est difficile par voie trans-cutanée. Elle est plus facile et plus sûre quant elle est réalisée lors d’une échoendoscopie (échographie couplée à une endoscopie réalisée sous anesthésie générale). L’obtention d’une biopsie n’est pas toujours indispensable avant l’intervention chirurgicale et la preuve du cancer souvent apportée par l’examen au microscope par le médecin anatomopathologiste de la portion de pancréas retirée par le chirurgien. La biopsie est en revanche indispensable si une chimiothérapie ou une radiothérapie est décidée chez un patient dont la tumeur n’est pas opérable.

La résection chirurgicale de la partie tumorale du pancréas constitue la base du traitement à visée curative des cancers du pancréas. Elle n’est envisageable que si la tumeur reste localisée au pancréas sans avoir essaimé des cellules tumorales dans d’autres organes, responsables de la formation de tumeurs filles appelées métastases.

Les sites les plus fréquents des métastases d’origine pancréatiques sont le foie et les poumons. Leur recherche fait partie du bilan pré-opératoire des cancers du pancréas réalisé par le scanner thoracique et abdomino pelvien auquel peut être ajouté si nécessaire un PET-scan (injection d’un sucre marqué par un traceur radio-actif qui va se fixer sur les cellules tumorales en division).

L’envahissement local péri pancréatique d’organes ou de vaisseaux voisins peut soit s’avérer résécable avec la tumeur par une intervention chirurgicale plus complexe avec reconstructions vasculaires veineuses (envahissement de la veine mésentérique supérieure, de la veine porte ou de la veine splénique) soit constituer une contre indication à l’exérèse chirurgicale qui n’est parfois identifiée qu’en cours d’intervention conduisant le chirurgien à renoncer à la pancréatectomie au profit d’autres gestes chirurgicaux destinés à traiter les symptômes : dérivation biliaire pour traiter l’ictère en restaurant un circuit pour la bile, dérivation gastrique pour éviter une occlusion digestive par la tumeur.

La chimiothérapie utilisant la GEMCITABINE est aujourd’hui systématiquement proposée après la résection à visée curative d’un cancer du pancréas. Elle a montré son efficacité pour réduire le risque de récidive. La durée de ce traitement est de 6 mois. Ce produit est également proposé en cas de tumeur non résécable. D’autres chimiothérapies peuvent être alors également utilisées.
La radiotherapie peut être également proposée dans certains cas.

La surveillance au long cours après pancréatectomie pour cancer du pancréas est basée sur des contrôles réguliers associant le plus souvent à l’examen clinique un dosage sanguin de l’ACE et du CA 19-9 et un examen radiologique de l’abdomen (échographie, scanner, IRM) et des poumons. La survenue d’une récidive du cancer, locale intra abdominale ou métastatique à distance est possible même au-delà de 10 ans après la chirurgie initiale ne justifie que très rarement une réintervention chirurgicale. Son traitement est basé sur la chimiothérapie éventuellement associée à la radiothérapie.