Duodénopancréatectomie Céphalique

C’est l’intervention qui permet l’ablation de la partie droite ou tête du pancréas. Elle est le plus souvent proposée pour le traitement des tumeurs de la tête du pancréas, de la voie biliaire (cholédoque), de l’ampoule de Vater (ampullomes malins) et du duodénum.

Elle inclut l’exérèse de la tête du pancréas, de la totalité du duodénum et souvent du tiers inférieur de l’estomac. Il est possible dans certains cas de conserver la totalité de l’estomac (DPC préservant le pylore). La vésicule biliaire est également retirée lors de cette intervention, ce qui n’a aucune conséquence sur la digestion ultérieure car son rôle n’est que de stocker la bile qui est produite par le foie.

DPC

Une fois la pièce de DPC retirée de l’abdomen, il est nécessaire de rétablir les continuités suivantes pour assurer des fonctions digestives normales:

  • la voie biliaire vers l’intestin (anastomose (couture) bilio-digestive)
  • le pancréas gauche restant vers l’intestin ou l’estomac (anastomose pancréatico-jéjunale ou pancréatico-gastrique)
  • l’estomac partiel ou entier vers l’intestin (anastomose gastro-jéjunale ou duodéno-jéjunale)

 

 

 

 

 

 

 

 

La durée totale de cette opération est en moyenne de 5 à 6 heures

Des drains sont souvent laissés au contact de ces anastomoses pour recueillir les liquides digestifs en cas de défaut de cicatrisation de ces anastomoses. Une sonde gastrique introduite par le nez en début d’intervention sous anesthésie est laissée en place dans l’estomac pour éviter les vomissements dans les premiers jours post-opératoires. Elle est retirée dès la reprise du transit intestinal avant réalimentation orale (entre le 3ème et le 5ème jour en moyenne).

 

L’hospitalisation post-opératoire peut débuter par un séjour de quelques jours en soins intensifs en fonction de l’état général du patient, de la durée et des difficultés de l’intervention et du déroulement de l’anesthésie. La durée totale d’hospitalisation en l’absence de complication post-opératoire est habituellement de 9 à 14 jours.

La complication la plus fréquente (survenant dans 10 à 20% des cas) appelée fistule pancréatique est le défaut de cicatrisation de l’anastomose entre le pancréas gauche restant et le tube digestif (estomac ou jéjunum). Elle est aujourd’hui traitée le plus souvent sans réintervention chirurgicale par le maintien ou l’amélioration des drainages, l’interruption temporaire de l’alimentation orale au profit d’une nutrition parentérale (perfusion intra-veineuse) et des médicaments diminuant la sécrétion du suc pancréatique. Cette complication peut prolonger l’hospitalisation de plusieurs jours ou semaines.
Une substitution enzymatique pancréatique et un traitement anti-ulcéreux sont prescrits en post-opératoire