Dépistage du syndrome de Lynch

Objectif: Evaluer l’intérêt d’une stratégie de dépistage du syndrome de Lynch par immuno-histochimie et biologie moléculaire systématiques dans une population non sélectionnée de patients opérés d’un cancer colo-rectal (CCR).

Méthodes: 1040 patients ont été inclus de façon prospective dans l’étude entre 2005 et 2009. Le dépistage du syndrome de Lynch incluait systématiquement l’immunohistochimie (IHC) pour les 4 protéines du système MMR (MLH1, MSH2, MSH6 et PMS2) et la recherche d’instabilité microsatellitaire (MSI) par PCR. En cas de perte de MLH1 en IHC, la méthylation du promoteur de MLH1 était recherchée. Une recherche de mutation sur les gènes MMR était proposée aux patients qui avaient une perte d’expression d’au moins une des protéines MMR en IHC, sans méthylation du promoteur de MLH1 et/ou qui avaient un statut MSI en PCR.

Résultats: 102(9.8%) patients avaient une perte d’expression d’une des protéines du système MMR en IHC et 98(9.4%) avaient un statut MSI. Un résultat discordant entre IHC et PCR a été observé chez 10 patients et 6(60%) d’entre eux avaient finalement un syndrome de Lynch confirmé. La perte d’expression de MLH1 (n=64) était due à une méthylation de son promoteur chez 43(67.2%) patients. Finalement, parmi les 62 patients à qui a été proposé une recherche de mutation, 38 ont bénéficié d’un séquençage génétique, ce qui a conduit à l’identification d’un syndrome de Lynch chez 24(63.1%) patients. La perte d’expression de MSH2 était associée à une mutation dans 74%(17/23) des cas. Parmi les 62 patients candidats à un séquençage génétique, 23(37.1%) ne remplissaient pas les critères de Bethesda.

Conclusion: Le dépistage du syndrome de Lynch chez tous les patients atteints d’un cancer colo-rectal est recommandée, indépendamment des critères de Bethesda, et devrait être fait de façon complémentaire par IHC et PCR afin d’éviter de sous-diagnostiquer des patients.