Plastie pour hernie de l’aine

Ces techniques consistent à mettre en place un renfort de paroi non résorbable. Il existe de nombreux types de prothèses. Ces prothèse peuvent être plus ou moins rigides, préformées et de tailles différentes. Elles ont l’aspect d’un voile de mariée rigidifié. Afin de diminuer au maximum le risque de récidive, la prothèse doit être de la plus grande taille possible en fonction de la morphologie du patient.

Les renforts de parois couvrent les zones de déhiscence sans suture ou traction sur les structures musculaires ou aponévrotiques. Il en résulte une diminution des douleurs post-opératoires.

Ces renforts de parois peuvent être mis en place par voie classique (incision inguinale) ou par voie coelioscopique.

L’intervention de Lichtenstein :

Depuis quelques années le procédé de Lichtenstein gagne la faveur des chirurgiens. Le principe est assez simple. Après réduction herniaire, un renfort de paroi est fixé au pubis en dedans, à la bandelette ilio-pubienne en bas et à la face antérieur du plan musculaire du tendon conjoint en haut. Un trajet en chicane du cordon spermatique et un calibrage de l’orifice inguinal profond est ainsi réalisé. Cette technique a l’avantage d’être facilement reproductible. Le risque de récidive est faible, environ 1%. Par contre plusieurs études ont montré la persistance de douleurs pouvant devenir chronique avec cette technique.

hernie crurale inguinale

TRAITEMENT DES HERNIES PAR COELIOSCOPIE :

Le principe est, après réduction herniaire coelioscopique, de mettre en place le renfort prothétique dans un plan postérieur au plan musculaire en avant du plan péritonéal. L’intérêt de la technique est son caractère mini-invasif : trois petites incisions permettent une dissection large de l’espace pré-péritonéal et la cure de hernie. Le renfort est mis en place le plus souvent sans fixation et sans tension ce qui diminue les douleurs post-opératoires et permet une reprise d’activité plus rapide.

Il existe deux voies d’abord possible :

– La TEP (extra-péritonéale) : l’abord se fait dans un plan de dissection extra-péritonéal et le renfort est mis en place sans fixation le plus souvent. La fixation primaire du renfort est assurée par la dépression physiologique existant dans cet espace. Cette voie d’abord a notre préférence car elle reste extra-abdominale.

– La TAPP (trans-péritonéale) : l’abord se fait par voie abdominale et nécessite l’ouverture du péritoine pour libérer l’espace pré-péritonéal avant de placer le renfort de paroi. Cette technique nécessite donc une brèche péritonéale qui sera suturée en fin de procédure ce qui peut favoriser la constitution d’adhérences intra-abdominales.

La technique coelioscopique est très en vogue actuellement et parait très satisfaisante de part son caractère moderne et innovant. Ce qui en fait une technique réclamée. Mais si il existe un certain nombre de bonnes indications pour la coelioscopie, les cures par abord chirurgical direct restent le standard de référence aujourd’hui.

L’abord coelioscopique est adapté aux cures de récidive herniaire après raphie ou après plastie avec mise en place d’un renfort dans le plan pré-musculaire (Lichtenstein, Rives…).
Un autre avantage de cette voie est la possibilité de traiter une hernie bilatérale sans incision supplémentaire. Il peut exister aussi, pour certain patient(e) un intérêt esthétique à la coelioscopie.Le risque de récidive est par ailleurs faible, comparable à celui de la cure selon Lichtenstein.

Les  techniques coelioscopiques sont cependant beaucoup plus complexes et nécessitent une expérience certaine. Leurs coûts sont également sensiblement  plus élevé. Ces techniques ne sont pas compatibles avec une anesthésie de type loco-régionale. Enfin même si les risques de complications post-opératoires sont faibles, leurs conséquences peuvent être sévères : plaie digestive, plaie vasculaire, adhérences intestinales au contact de la plaque…